La Naissance des Mamans

La Naissance des Mamans

Martine de Vigan

Je vous accompagne dans votre vie de maman pour être

pleinement heureuse de votre maternité

Ne finis PAS ton assiette…

Provocateur, ce titre ? Non, pour moi pas du tout ! Ou du moins, je trouve nécessaire de réfléchir à cette exigence qu’ont certains parents. Et si on parle ici des tout-petits, pour moi ce sujet vaut pour tous, même les adultes..

Vos parents vous ont toujours demandé de finir votre assiette ? Moi oui, et c’était un problème à chaque repas… Bien sûr, il y a différentes situations, mais maintenant je trouve l’idée très bizarre et pas du tout logique. En tous cas ça mérite réflexion, encore plus dans un pays qui connait une épidémie de surpoids et d’obésité dès l’enfance.

Un peu d’histoire :

Pendant des siècles, et encore en Europe au debut du 20ème siècle, il y a eu de grandes famines. Les enfants étaient les premiers à souffrir ou même à mourir faute de nourriture.

Comme d’autres peurs, celle-là est ancrée dans nos cerveaux, nos inconscients. Et, pendant des siècles, l’absence de médicaments efficaces faisait de la nourriture l’élément principal de toute convalescence, de toute guérison. L’appétit était « LE » signe d’une bonne santé.

Alors posez-vous la question : que ressentez-vous, en fait, quand votre tout-petit ne veut pas manger ?

De l’inquiétude ? De la frustration parce que vous avez mis du temps à cuisiner un bon plat ? De l’énervement parce que vous avez l’impression de perdre votre temps, le repas va être long, ça va encore être une bataille ? Vous avez peur que la faim le réveille au milieu de la nuit ? Ou simplement, vos parents ont toujours fait comme ça, vous étiez puni ou forcé à manger, et vous trouvez normal de faire pareil ?

C’est important d’analyser votre ressenti, vos émotions dans cette situation, car c’est ça qui vous permettra de trouver une solution.

Je peux vous parler de mon cas ? Quand j’ai commencé, jeune adulte, à m’occuper d’enfants, je ne supportais pas qu’ils ne mangent pas, j’avoue que ça m’est arrivé de me fâcher, de forcer…je n’en suis pas fière ! Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que si un enfant ne mangeait pas, ça me déclenchait une émotion forte, un ressenti physique de stress, l’estomac noué (héhé! c’est le cas de le dire !).

J’ai mis du temps à lier cette impression et le fait d’avoir moi-même été forcée à manger. J’étais une petite fille qui n’avait jamais faim. Dès que j’ai fait ce lien, l’émotion et le stress ont disparu et j’ai pu être sereine et ne plus me sentir mal quand un enfant, quelquesoit son âge, ne voulait pas manger.

Certes je comprend la frustration de ceux qui ont cuisiné, pris du temps pour préparer de bons plats ; ils sont frustrés que leurs efforts ne soit pas récompensés par le plaisir de voir les autres dévorer. Mais c’est là tout le problème permanent de vivre avec d’autres….ils ont d’autres besoins, d’autres rythmes, et pour les enfants, ils n’ont aucune possibilité avant longtemps d’apprécier vos efforts, ou le temps que vous y avez passé etc..

En grandissant, ils apprendront de vous le sens qu’on peut donner à partager un bon plat, ils apprendront à apprécier vos efforts. Mais ça, ce sera plus tard, parfois seulement quand eux-mêmes se mettront à cuisiner.

Quelle quantité lui proposer ?

Par ailleurs, les tout-petits sont « nature », plus que les adultes, ils sont plus directement liés à leur biologie, plus près de leurs ressentis corporels. Et contrairement aux adultes capables de manger beaucoup TROP, eux ont encore l’instinct de s’arrêter quand ils n’ont plus faim, quand ils se sentent rassasiés d’une catégorie d’aliments.

L’appétit varie considérablement d’un enfant à l’autre, d’un âge à l’autre, et en fonction de son activité.

De plus, on oublie souvent de comptabiliser les aliments mangés en dehors des repas, bouts de pain, gâteaux, bonbons ou fruits, ou les biberons supplémentaires donnés parfois à tout heure, souvent en dehors de la maison, et qui sont l’équivalent d’un repas et ont rassasié l’enfant pour un moment !

Les quantités recommandées jusqu’à au moins 5 ans sont au maximum la moitié d’une portion d’adulte ! Vous visualisez ce qu’est une demi-assiette ? La plupart du temps l’assiette des petits dès 2 ans, voire même avant, est nettement plus remplie !

Et la plupart des enfants mangent moins à 2 ou 3 ans qu’à 10 mois ! C’est logique, ils grandissent moins vite !

Faut-il absolument que les tout-petits mangent 4 fois par jour ?

En France, le rythme des repas est particulièrement rigide, et le fait de faire 4 repas pour les enfants, semble un but à atteindre le plus rapidement possible, un critère de réussite… même si ils n’ont pas toujours faim 4 fois par jour !

Pourquoi ? Parce que c’est le rythme de la plupart des adultes, le rythme de la vie sociale, et qui correspond pour beaucoup de gens au besoin de recharger leurs batteries toutes les 3 à 4 heures !

Le rythme de 4 repas pour les enfant, 3 pour les adultes est-il le meilleur ? Dans le monde il y a des habitudes très différentes selon les regions et les pays !

Beaucoup d’adultes ne mangent que 2 fois par jour, et ça leur semble normal, en dehors de tout problème de pauvreté.

Ou au contraire, dans certains pays, les adultes mangent à n’importe quelle heure, quand c’est prêt, quand ils ont faim, quand ils peuvent se poser…et ça leur semble tout à fait normal, ils ont toujours vu faire comme ça !

Dans d’autres pays, comme en Espagne par ex. il faut le plus souvent attendre tard le soir pour le dernier repas, alors que dans d’autres pays le repas du soir est à 17-18h ! Quand j’étais au Soudan, les 2 repas principaux étaient à 10-11h du matin , et vers 16-17h.

Et vous ? Honnêtement ! Combien de fois par jour mangez-vous ? des vrais repas complets à la française, entrée-plat-dessert, mais aussi les chouquettes-café apportées par une collègue ? un croissant en passant à la boulangerie ? quelques amandes parce que vous avez un petit creux ? et à l’apéro ? Ou en préparant un repas ? Etc…

Ce que je veux dire c’est que le plus important pour vous, mamans, dès le début, est de repérer le rythme de votre enfant, les heures où il a une baisse de tonus, les heures de crises, et aussi les quantités qui le rassasient plutôt qu’une idée toute faite des quantités qu’il doit manger et à des horaires obligés !

Et soyez souple car ça évoluera. Les adolescents qui ont de gros besoins mais qui se lèvent tard, peuvent enchainer petit-dej et vrai dejeuner, ou arriver pour diner avec un sandwich à la main, et malgré tout dévorer le diner…

Peu à peu votre enfant s’adaptera à votre rythme de repas et au rythme social environnant

Comment faire pour ne pas vous énerver ?

Mon 1er conseil : servez-lui toujours des petites quantités. Un enfant qui n’a pas faim est d’emblée découragé, voire écoeuré, devant une grosse assiette ou un bol trop plein !

Plutôt que le forcer, vous serez ravie de voir votre enfant finir cette petite quantité, et encore plus quand il vous en redemandera. C’est un système gagnant-gagnant, qui évitera beaucoup de crises et d’énervement.

N’oubliez pas l’histoire des 3 ours…ayez un tout-petit-bol pour un tout-petit-homme ! servez-le dans une assiette-à-dessert. Les premières années, certains enfants aiment avoir leurs affaires « à eux ». Vous pouvez choisir de jolis petits bols ou assiettes creuses qui vous aideront à mesurer ses besoins.

Dès 2 ans, proposez-lui de se servir seul, chaque fois que possible. L’action, le jeu, la fierté l’aideront à apprécier ce moment.

Dans les crèches qui pratiquent le self-service, souvent dès l’âge de 2 ans, les adultes sont toujours étonnés de voir les enfants, dans leur grande majorité, prendre de tout, et très bien réguler les quantités. D’autant qu’ils adorent se lever au milieu du repas pour venir se re-servir !

2ème conseil : évitez de commenter ce qu’il a mangé ! Gardez en tête que manger n’est ni bien ni mal ! C’est un besoin biologique. Si vous voulez quand même lui en parler, constatez qu’il « a l’air d’avoir aimé », ou « qu’il avait vraiment faim ! »etc.. parlez-en seulement en positif, et notez ce qu’il a aimé.

• 3ème conseil : Si vous pouvez, prenez vos repas en même temps que lui, et proposez-lui le plus tôt possible le même menu que pour vous (quitte à en mixer une partie). C’est le meilleur moyen de lui apprendre à manger comme vous, et de vous simplifier la préparation des repas.

• 4ème conseil : Autant que possible, laissez-le manger son repas dans l’ordre qu’il veut. Ça suppose de tout lui proposer en même temps, comme sur un plateau-repas. Il est probable qu’il va d’abord goûter le sucré, mais justement la sécrétion d’insuline qui s’ensuit lui donnera faim, et il continuera par le salé. Beaucoup de bébés aiment même alterner une cuillère de sucré, une de salé !

• 5ème conseil : ne le privez pas de dessert sous prétexte qu’il n’a pas mangé les légumes ou la viande ! Il a absolument besoin de cette source d’énergie et de vitamines, et les fruits ou le yaourt ne sont pas des récompenses ! Ils font partie intégrante du repas si c’est votre habitude de finir le repas avec ces aliments. Vous pouvez aussi lui servir des fruits ou du yaourt à un autre moment de la journée, mais en aucun cas ça ne peut être une punition, surtout pour des moins de 5-6 ans !

Pour finir, et c’est là que je voulais vous amener, soyez contente qu’il ne finisse pas !

Non, ce n’est pas un joke ! Ça veut dire que vous avez bien fait votre travail de parent, votre enfant est rassasié, il a eu assez…., et encore mieux, il sait s’arrêter selon ses besoins, quand il est rassasié !

Mais sentir qu’on est rassasié, justement ça s’apprend. Si vous le poussez à manger plus que ses besoins, il perdra l’habitude de ressentir la satiété, il s’habituera à manger plus que ce qu’il lui faut.

Savez-vous qu’il faut environ 20 minutes au cerveau pour enregistrer le fait d’avoir suffisamment mangé ? Apprenez-lui à savoir si c’est sa bouche ou son ventre qui en veut encore.

Ne le laissez pas manger trop vite, faites trainer exprès, profitez-en pour raconter quelquechose, pour parler de la journée passée ou à venir.

Dans tous les cas le repas ne doit pas être un moment de conflit ! c’est trop important de prendre du plaisir à manger.


Alors dites-moi, chez vous, comment ça se passe ? Comment faites-vous ? Comment dosez-vous ce dont votre enfant a besoin ? Comment réagissez-vous quand il ne veut pas manger ?

Laissez-moi un commentaire pour me dire ce que vous en pensez ! Je serai ravie de vous lire et de vous répondre . N’hésitez pas à partager si vous pensez que ça peut aider d’autres personnes.

Et si vous ressentez le besoin d’être accompagnée pour rendre votre vie de maman plus fluide, plus joyeuse, prenez rendez-vous pour un appel-découverte gratuit au cours duquel nous verrons ensemble comment je peux vous aider

Vous pouvez aussi me rejoindre :

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A bientôt !

Martine de Vigan

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3 commentaires

  1. Merci Martine pour cet article très complet ! Comme d’habitude, vous trouvez les mots justes et donnez des explications très claires. L’alimentation de l’enfant est un sujet que nous abordons fréquemment en crèche aussi , soit auprès des parents ou des professionnels, qui, comme vous l’avez relaté sont inquiets dès qu’un enfant mange peu ! Vous nous le répétiez, « un enfant ne se laissera jamais mourrir de faim » ! C’est un moment de plaisir , de partage et de convivialité , mettre une pression à l’enfant ne fera que le bloquer davantage !

    • Merci de votre commentaire chère Anaïs. C’est vrai que c’est un sujet compliqué dans les familles, mais qui me tient à coeur.

    • Effectivement, c’est un peu mon « dada »! J’y ai beaucoup réfléchi au cours des années et ça a renforcé ma conviction qu’il faut peut-être revoir les habitudes et exigences familiales sur ce sujet ! Et je ne perds pas de vue une part de mon propos, qui est d’inciter les parents à éviter les crises qui peuvent être évitées !

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