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Le “NON” et l’expression du visage, une nécessité pour les tout-petits.

par : Martine de Vigan
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Et voilà ! pour la 1ere fois, vous avez dû dire “NON” un peu fermement à votre bébé qui commence à crapahuter et toucher à tout, et ….il s’est mis à pleurer ! Du coup, c’est vous qui vous excusez, vous êtes au bord des larmes, quelle méchante maman vous faites, vous culpabilisez, vous vous précipitez pour l’embrasser et vous excuser encore !

Vous reconnaissez cette situation ? Ça vous est arrivé ?

Et pourtant, votre réaction ne vous a pas semblé excessive, vous ne pouviez pas le laisser faire ceci ou cela ! Mais votre bébé a été surpris, il ne connaissait pas ce ton sévère que vous avez employé ! C’est inhabituel, nouveau pour lui !

Votre bébé a entre 9 mois et 1 an ? Il se met debout ? Il crapahute partout et veut tout toucher ? Alors, de plus en plus souvent, vous serez amenée à lui dire non. Il commence à tout explorer, à tout expérimenter. Il faut qu’il apprenne ce qu’il peut faire ou non ! Ne serait-ce que pour sa sécurité.

Vous allez aborder une nouvelle phase de votre vie de Maman (ou de Papa), vous allez devenir “éducateur”, guide, accompagnateur vers la vie adulte et autonome.

Et pour beaucoup de parents, ce n’est pas un moment facile !

Dans cet article, je ne vais pas vous parler d’autorité ou de type de parentalité.

Je vais vous parler de langage corporel, du ton de la voix et de signes qui vont permettre à votre bébé de comprendre ce que vous lui dites, ce que vous voulez, ou surtout de ce que vous ne voulez pas. Et ce n’est pas du tout évident pour un cerveau de bébé.

Son plaisir, encore pour longtemps, est que vous soyiez contente ! il a besoin d’être sûr de votre amour, et pour ça d’être sûr de bien faire, sûr que vous êtes fière de lui.

Il faut donc aussi qu’il comprenne quand vous êtes contrariée ou fâchée.

Ce n’est pas du tout évident ! Il faut longtemps à l’enfant pour apprendre ce qui est interdit, ce qui vous fâche. D’autant que, jusque-là, vous avez ri et vous êtes émerveillée devant toutes ses nouvelles actions ou gestes.

Il est fondamental que les signaux soient clairs, compréhensibles et constants. Pour vous, il faut donc apprendre à manifester de façon évidente ce que vous voulez ou ne voulez pas qu’il fasse, quelqu’en soit la raison (bruit, danger, casse etc…)

Si vous dites “non” avec le sourire, et la voix douce, votre message est contradictoire ; votre bébé enregistre que vous êtes contente puisque vous souriez !

C’est pourquoi il faut vous entrainer à faire les gros yeux, à froncer les sourcils, surtout si vous avez la voix douce et que vous êtes le plus souvent tout sourire et câlins. Il vous faut apprendre à donner des signaux clairs à votre enfant, surtout si vous espérez ne pas trop crier après lui.

Hors une des difficultés pour nous, les femmes, c’est de savoir moduler sa voix vers les graves ! Quand on est en colère, nous avons tendance à monter dans les aigus, et parler plus vite. C’est une des différences avec les hommes. C’estprobablement la raison pour laquelle les enfants semblent mieux écouter les papas fâchés ! Les signaux du mécontentement sont plus clairs, plus faciles à interpréter !

Beaucoup de parents ignorent cet apprentissage fondamental que font les bébés : décoder le visage de l’autre et les émotions qu’il reflète !

Pour tous c’est un long apprentissage.

Récemment, un papa me disait de sa fille de 3 ans : “elle nous demande tout le temps si on est fâchés ou non”, comme si elle ne savait pas reconnaître les situations ! Probablement dans ce cas, les signaux n’étaient pas assez nets. De plus, cette petite fille, peu “bêtisière” et bien accompagnée, n’avait pas beaucoup d’occasions de voir ses parents contrariés !

C’est tout ce qu’on appelle le langage corporel, tellement riche qu’on l’oublie le plus souvent. C’est comme l’apprentissage d’une langue, il faut du temps à l’enfant pour en comprendre les nuances.

Mais si vos réactions sont brutales, explosives, sans rapport avec la situation, ou démesurées par rapport à la gravité, c’est encore plus difficile et long. C’est souvent le cas de ceux qui n’aiment pas se mettre en colère, et qui se retiennent trop longtemps, au lieu de dire dès le début que ça ne va pas.

Dans ce cas, la leçon ne porte pas, l’enfant va apprendre à être tout le temps sur ses gardes, ne sachant pas quand vous allez exploser ; il mettra encore plus longtemps à comprendre ce qui déclenche votre colère.

De plus, nous adultes, il est fréquent qu’on commence par sourire ou rire d’une situation, puis c’est la répétition ou la durée du jeu, du bruit etc.. qui va faire qu’à un moment, on n’en peut plus et on se fâche ! Du coup, c’est logique pour votre enfant de recommencer beaucoup de fois par la suite, jusqu’à ce qu’il comprenne ce qui vous fâche.

Vous allez peut-être penser “qu’il vous cherche, qu’il vous provoque”, d’autant qu’il rit ! Mais c’est seulement votre interprétation d’adulte. VOus, vous connaissez et comprenez la situation, et vous savez exactement ce qui vous a fâché.

Votre enfant a besoin de beaucoup de fois avant de comprendre ce que vous acceptez ou n’acceptez pas ! Et s’il rit, c’est qu’il espère vous amener à rire vous aussi. D’habitude, dès que vous le voyez rire ça vous met en joie, ça vous fait sourire ! Pour lui c’est comme un instinct, qui met en jeu ce qu’on appelle les “neurones miroir”.

S’il rit ou sourit en refaisant ce que vous ne voulez pas qu’il fasse, ce n’est pas qu’il vous nargue ou qu’il est insolent, qu’il vous provoque ! Hors NON, il n’est pas capable avant longtemps de ce genre de pensée !

C’est que son cerveau active ses “neurones-miroir”, cet automatisme qu’il a enregistré : quand il sourit ou rit, ça vous fait sourire en retour ! il sait que vous aimez le voir sourire ou rire, que ça vous donne du plaisir, donc c’est logique pour lui de sourire à ce moment-là !

De plus, on sait que l’enfant ne peut pas entendre ce que dit un adulte en colère, il est distrait par le visuel, l’expression du visage, les gestes, les sons, et il n’entend pas du tout le message parlé (ou crié).

Et, je vous en reparlerai dans un autre article, les tout-petits ne comprennent pas la négation : si vous dites : “ne fais pas ça”, vous lui faites penser à ça justement. Vous -mêmes, si je vous dis “ne pense pas à la panthère rose”, justement vous y pensez. Ce qui veut dire que si vous dites : “ne cours pas”, il entend “cours”.

Pour en revenir au bébé et aux premiers “non” de votre part, quelques conseils :

1/ ne parlez pas plus fort, ou à peine, mais surtout plus grave, et vraiment plus lentement.

2/ placez-vous au même niveau que l’enfant, vos visages en face à face, pour qu’il voit bien l’expression de votre visage. Pour qu’il ne soit pas distrait par le motif de votre robe ou les clés que vous avez dans la main !

3/ froncez les sourcils fortement, en exagérant la mimique, pour que le signal soit net. Personnellement, je dis :”regarde mes yeux, ils ne sont pas contents”, ou “ils sont en colère”. Ce sont eux plus que mes paroles qui vont manifester ma contrariété. Entrainez-vous devant un miroir, vraiment !

4/ dites non en geste en même temps, avec le doigt ou avec la tête, en même temps. C’est le plus facilement compréhensible. Ca fait partie des gestes associés à la parole que nous connaisson tous. (Pour aller plus loin dans ce domaine, allez lire mon article sur le langage des signes pour les bébés https://lanaissancedesmamans.fr/la-langue-des-signes-pour-les-bebes )

Vous verrez que votre bébé, très vite, va vous regarder avant de toucher quelquechose, il va vérifier votre réaction, et il vous suffira souvent de froncer les sourcils, sans rien dire, pour qu’il arrête son geste.

Par contre, il va recommencer 100 fois pour être sûr que c’est bien ça que vous ne voulez pas qu’il touche , et c’est normal, il faut qu’il expérimente la constance du sujet, et le fait que votre réaction sera toujours la même ! Il ne vous nargue pas, il essaie de comprendre ! Il faut qu’il comprenne, et vous pouvez lui dire, que “non” ça veut dire que tu ne peux pas faire ça, toujours ! Patience…

5/surtout ne riez pas : votre bébé en serait soulagé, mais il n’aurait pas compris votre message. C’est parfois un vrai challenge de ne pas rire devant leurs frimousses, mais l’enjeu pour la suite est vraiment fondamental. Il y aura toujours des choses qui le frustreront, et l’idéal est qu’il apprenne avec vous et tôt, qu’on survit très bien à la frustration.

6/ n’oubliez pas de respirer !

7/ dernière chose, si vous n’êtes pas d’accord avec le “NON” dit par votre conjoint, attendez d’être seuls pour en discuter, ne le faites pas devant votre enfant.

Je vous parlerai bientôt des mots à dire ou ne pas dire quand on est fâché, car le cerveau des enfants, pendant longtemps, n’entend pas les négations...mais c’est une autre histoire !

Dites-moi en commentaire comment ça se passe pour vous, comment vous faites comprendre ce que vous ne voulez pas !

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Et n’hésitez pas a partager cet article avec des parents que ça pourrait aider.

A bientôt,

Martine de Vigan

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2 Commentaires

Magalie V 10 janvier 2021 - 0 12 37 01371

Merci Martine, je vais faire attention à ma gestuelle quand je parle à Ashley.
Je pense aussi que le fait qu’elle “traine” avec moi plus qu’avec son père ne facilite pas les choses non plus !
Merci pour tes conseils !

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Martine de Vigan 10 janvier 2021 - 17 05 44 01441

Oui, et surtout si les papas sont moins presents, il y a moins de conflits quotidiens avec eux. De plus, les petits mettent longtemps à comprendre qu’ils ne sont pas ” une partie de Maman”, alors que Papa est physiquement plus “extérieur”, il faut le séduire, il n’est pas autant une evidence que Maman…mais ça pourrait changer avec les nombreux papas actuels, très presents au quotidien et a tout moment !

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