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“Tu vas lui donner de mauvaises habitudes..”

par : Martine de Vigan
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Vous l’avez déjà entendue, cette petite phrase assassine ? Et aussi, “crois-moi, tu vas en baver si tu commences comme ça ?” …seulement parce que vous gardiez votre bébé contre vous, que vous le preniez dès qu’il pleurait ? Ou simplement parce que vous lui donniez le sein à la demande, et non pas à heure fixe ?

Loin de moi l’idée de juger vos mères et grand-mères. Elles ont eu la tâche difficile, et malgré tout elles ont participé à faire évoluer le regard sur l’enfant et ses besoins. Elles ont préparé le terrain aux évolutions actuelles, alors même que les possibilités de se former, d’apprendre étaient quasi-inexistantes.

Vos amies qui ont fait autrement et vous critiquent, laissez-les dire, osez penser que toutes les situations sont différentes, chacun fait son chemin en fonction de ce qu’il a vécu lui-même enfant, l’histoire aussi de son conjoint, sa situation actuelle, son état psychologique, ses connaissances.

Trop de mamans se critiquent elles-mêmes sans arrêt, sont insatisfaites de leur relation avec le bébé ou l’enfant qu’elles ont tant souhaité ! Ou racontent comme elles se sont senties mal quand elles ont cédé à leur entourage, pour laisser leur bébé pleurer par ex…. pas la peine d’en rajouter, au contraire !

La seule chose qu’on pourrait reprocher à certains parents, c’est d’avoir accepté des façons de faire qui ne leur convenaient pas, sans oser se faire aider. Par timidité ? peur d’être jugé ridicule ?

Mais si vous lisez cet article, c’est que vous faites partie des parents qui pensent qu’ils peuvent apprendre, et améliorer leur façon d’être parent, bravo !

Beaucoup ne remettent pas en cause la façon de faire de leurs propres parents. Pourtant, comme le dit Einstein “la folie serait de penser qu’en faisant la même chose on obtiendra des résultats différents”.

Sur quoi portent les critiques ?

Il y a 5 sujets principaux sur lesquels vous risquez d’être critiquée : votre réaction aux pleurs de votre bébé, votre façon de gérer son sommeil, votre implication permanente et en priorité auprès de votre bébé, l’allaitement (ou pas) et l’alimentation, et la “politesse” dès le plus jeune âge.

Ce n’est pas un hasard si depuis la nuit des temps, les bébés ont été portés, bercés, et ont dormi contre un adulte ! Et ce n’est pas un hasard si les mamans ne supportent pas les pleurs de leur bébé, elles sont programmées pour ça, pour répondre en permanence à leurs besoins. Leur cerveau après la naissance est inondé d’ocytocine, l’hormone de l’attachement, dans ce seul but !

Les recherches récentes sur le développement du cerveau ont prouvé que laisser un tout-petit bébé pleurer, sans au moins l’accompagner par la parole, le laisser seul jusqu’à ce qu’il s’arrête d’épuisement, crée un stress qui a des conséquences sur son cerveau. Ça lui apprend à ne plus exprimer ses besoins, ça l’empêche de créer la confiance en vous dont il a absolument besoin, ça abime la relation entre vous.

J’ajoute tout de suite que ça ne veut pas dire qu’il ne doit pas pleurer du tout ; c’est inévitable ! attention de ne pas vous couper ou vous brûlerpour lui répondre immédiatement, ne sortez pas de la douche précipitamment au risque de glisser ! Ça veut dire que son appel doit être entendu, qu’il doit avoir une réponse dans un délai court, au moins en paroles. Et surtout qu’il ne faut pas penser que tout va bien si on attend qu’il se calme seul d’épuisement ! “tu vois, il a fini par se calmer !”

Plus votre bébé aura pris confiance dans votre réponse à ses besoins, plus il deviendra autonome et pourra s’éloigner peu à peu sans peur.

Pour ce qui me semble le principal, la proximité avec votre bébé, ce qu’on appelle actuellement le “maternage rapproché”, si souvent encore objet de critiques, il est maintenant prouvé aussi que les bébés ont avant tout besoin de sécurité, tant physique (chaleur, alimentation, soins), que psychique (contact, paroles, proximité, repères, bienveillance) et de présence et de contacts permanents. C’est votre rôle de lui apporter ça, tenez bon devant les critiques !

Tous ces sujets sont ceux sur lesquels tous les parents butent à un moment ou à un autre. Ce sont aussi ceux qui varient le plus d’un enfant à l’autre, qui nécessitent le plus de tâtonnements. Tous les parents s’y sont heurtés et tous ont une idée sur la question, selon ce qui s’est passé pour eux, et le temps qu’ils ont mis à résoudre le problème, cahin-caha.

Les désaccords dans le couple

Le seul point délicat peut être les désaccords avec le papa. A vous alors de trouver vos arguments, de lui montrer que vous êtes mieux, plus détendue si vous faites comme ça, que les choses sont plus fluides avec votre bébé, qu’il est plus calme.

Beaucoup d’hommes n’ont pas ou peu de notions sur les bébés avant d’être papas, c’est l’occasion de lui offrir un livre, de lui conseiller un stage (je pense à “l’atelier des futurs papas” qui a des antennes partout en France). N’hésitez pas à regarder ensemble des vidéos, à partager des articles qui vous inspirent. Et si il vous voit heureuse et sereine, il vous suivra certainement.

Tenez bon au début. Avec un nouveau-né, les choix de la maman me semblent prioritaires, allaitement ou non, cododo, maternage “rapproché”. Qu’est-ce que VOUS ressentez par rapport à tel ou tel sujet ? Apprenez à analyser votre ressenti, c’est fondamental, et, surtout les 2 ou 3 premiers mois, suivez votre instinct, faites-vous confiance. N’oubliez pas que les bébés vont bien quand les mamans vont bien !

L’implication actuelle des papas dans la vie des bébés, c’est vraiment une évolution géniale, mais il y a encore des domaines réservés aux mamans. Ils peuvent être des papas présents et géniaux sans empêcher le rapport physique particulier entre maman et bébé, sans en être jaloux.

J’ai vu des jeunes mamans me dire qu’elles auraient aimé allaiter, mais qu’elles y avaient renoncé parce que le papa était frustré de ne pas donner le biberon !

Pour moi c’est vraiment dommage, c’est ne pas connaitre leur rôle si important de relai, de tiers, de soutien auprès à la fois de la maman et du bébé.

Comment réagir aux critiques ?

L’important pour vous est d’être à l’aise avec vos décisions de vie, d’avoir réfléchi au style de parentage que vous souhaitez, aux choses que vous voulez éviter à tout prix, aux valeurs que vous voulez mettre en pratique. Et de vous sentir en accord profond avec votre façon de faire.

Pour les avis des autres, à commencer par les grands-parents, essayez de ne pas vous blesser sur ce qu’ils vous disent. Ne prenez pas leurs réflexions comme des critiques, seulement comme des avis.

Trop de jeunes parents se retrouvent comme de tout-petits enfants devant leurs parents, avec l’impression d’être jugés incapables ! Mais en fait, vos parents pensent avant tout à vous, ils ont peur pour vous, ils sont passés par de vraies difficultés parfois, et sans aucune aide souvent, (il y avait à leur époque beaucoup moins de livres, et bien sûr aucune vidéos, podcasts et blogs de conseils) ils craignent que vous viviez ce qu’ils ont vécu, ou pire, ils savent comme les mauvaises nuits et la fatigue peuvent abimer le couple et la relation à l’enfant.

N’hésitez pas à prévoir des réponses d’avance, gardez le sourire et vos convictions devant les critiques.

Protégez-vous des gens jugeants, critiques, essayez de les voir un peu moins, si possible. Respectez leurs convictions, mais ne vous épuisez pas à les convaincre, vos idées peuvent même les ébranler, les déstabiliser par rapport à ce qu’ils ont fait eux-mêmes. Trouvez des compromis si vous pouvez, avec vos proches au moins.

Et si vous n’êtes pas sûre de vous, pas satisfaite, que vous ne savez pas comment faire, faites-vous aider par des gens qui s’y connaissent, des personnes extérieures si possible, neutres affectivement, qui ne vous jugeront pas et vous donneront des idées, des pistes, et non pas des solutions toute-faites, il n’y en a pas !

Ne faites pas comme ces générations qui depuis si longtemps ont pensé que s’occuper d’un bébé était inné, qu’il n’y avait rien à apprendre ! Lisez, renseignez-vous, regardez des vidéos, apprenez et faites vos choix !

De toutes façons, il n’y a que peu de critères de réussite, sauf la santé physique et mentale de votre enfant, et la qualité de votre relation, sa confiance en vous.

A quel moment peux-t-on juger qu’une éducation était “réussie” ? A 20 ans, devant un adulte confiant, capable de décisions, de choix, et capable de vivre en respectant les autres ? A 40 ans, quand malgré les difficultés et les échecs il sera capable de rebondir sans en vouloir à la terre entière ? Devant la qualité de votre relation tout au long de la vie ? Ou à 2 ans parce qu’un enfant dit bonjour de façon automatique ?

Soyez modeste, vous ferez aussi des erreurs, et vous changerez au fil du temps ; les bébés sont des champions pour faire oublier les principes et idées qu’on avait avant !à votre tour ne jugez pas trop sévèrement les autres, mais faites ce qui vous semble en accord profond avec vous-mêmes et qui vous rend heureuse.

Et vous , qu’en pensez-vous ? Comment réagissez-vous devant les critiques ? Laissez-moi un commentaire pour partager votre vécu sur ce sujet, je serai heureuse de vous lire et de répondre à vos questions,

A bientôt,

Martine de Vigan

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2 Commentaires

Viviane 11 février 2020 - 18 06 10 02102

Merci Martine pour cet article et ton regard sur les choses, toujours aussi intéressant!
Moi je me rappelle combien ça a été compliqué avec ma mère et mes 2 aînés car elle voulait tout faire comme elle l’entendait et je n’avais pas la sensation qu’un dialogue était possible. J’ai accepté des choses qu’ensuite j’ai fermement refusé pour nos autres enfants. J’ai eu aussi avec la belle-famille à faire face à leurs habitudes : pour eux c’était normal que les petits bébés passent de bras en bras, que les enfants plus jeunes les prennent et que la grand-mère décide au tour de qui c’était. Je me suis là encore retrouvée totalement paralysée devant la situation, ayant trop peur de faire des vagues. Pour nos deux autres enfants, ça s’est trouvé qu’ils refusaient de quitter mes bras ou ceux de mon mari et que je les avais souvent en écharpe. Ce qui m’a valu des remarques (tu ne le portes pas trop? Là il est réveillé tu pourrais le sortir de l’écharpe?Et ton dos), des regards en coin et une fois une belle soeur m’a carrément arraché mon fils des bras. (et il a hurlé….) Alors que faire quand on est dans cette situation? Quand on sait que lorsqu’on sera devant ces gens on aura du mal voire on n’arrivera pas à dire non et que si on le fait ça va provoquer une histoire? Quand on sait aussi que les personnes en face pensent être dans leur bon droit et ne se demandent pas si les autres sont en accord avec leur façon de voir et de faire? Merci pour ton éclairage Martine!

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Martine de Vigan 11 février 2020 - 19 07 05 02052

Merci pour ton témoignage, Viviane, je pense que beaucoup de mamans se reconnaitront dans ton histoire ! Une des solutions (pas magique !) est deja de se préparer, et de décider ce qui est eventuellement acceptable , ou de ce qui n’est pas négociable ! Et d’en parler au bébé, puis de lui faire confiance…. peutetre qu’il peut supporter mieux qu’on pense certaines situations ? Et il’saura toujours hurler si il ne veut pas…

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