La Naissance des Mamans

Propre ou continent ? Quand ? Et l’école ?

Beaucoup de parents pensent que c'est à eux de rendre leur enfant continent. Mais en fait, c'est vraiment une évolution spontanée. Par contre on peut accompagner et encourager l'enfant, lui expliquer ce qui se passe et le rassurer sur ses capacités. Au moment de la rentrée, c'est un sujet d'inquiétude pour les parents, si la continence n'est pas encore acquise. Alors comment faire ? On en parle dans cet article.

Ce jour-là, j’avais gardé A. , 2 ans, toute une journée. Quand sa maman est rentrée du travail, je lui dis que je pensais que sa petite fille était prête à « être continente » (je déteste le terme « propre pour ce sujet, comme si les bébés étaient « sales » !!) . Elle me répond : » je m’en occuperai l’été prochain, en vacances »…on était en mars !

Je n’ai pas insisté, car je ne voulais pas qu’elle se sente jugée, mais sa phrase m’a étonnée, et dans ce cas précis, m’a semblé inappropriée.

Cette petite fille venait justement de me montrer qu’elle était prête. Après avoir arrêté son jeu en disant « pipi », elle avait pris le temps d’aller chercher un tabouret pour pouvoir ouvrir la porte des wc, trop haute, puis de le remporter dans la piéce à côté, de revenir dans les wc, d’enlever sa couche et s’asseoir enfin sur le pot, après donc plusieurs minutes de préparation ! si ce n’est pas « se retenir », ça !

Sa maman si bienveillante pensait vraiment que c’était à elle de lui apprendre, sans penser que c’était un mécanisme naturel, et que le rôle des parents était plutôt de repérer les signes avant-coureur éventuels, et d’accompagner l’enfant dans ce processus.

En fait, pour cette maman-là que je connaissais bien et dont j’appréçiais la douceur, je sais que ça voulait dire « je pourrai mieux créer un environnement favorable cet été en vacances, et m’en occuper sur un certain temps, en permanence, et la soutenir dans son apprentissage »

Mais c’est comme pour la marche (mais en plus compliqué), on ne peut pas décider quand l’enfant sera prêt ! Et parfois ça se fait très vite, car il a un déclic dans la compréhension de ses sensations « d’avant pipi ». C’est souvent plus difficile pour les selles, mais parfois tout est acquis en quelques jours, y compris la nuit !


Un peu d’histoire :

L’acquisition de la continence sphinctérienne et les idées autour ont bien changé dans nos pays en 2-3 générations !

Tout d’abord, beaucoup de parents pensent encore que ce n’est pas normal que leur enfant de 18mois ne soit pas continent.

Pourquoi ? Il n’y a pas si longtemps (3 générations, celle de ma mére) il n’y avait pas de couches jetables, mais surtout il n’y avait pas non plus de lave-linges ! Je me souviens de l’étendage permanent au plafond de notre cuisine quand j’étais enfant ; avec 3 petits en bas âge, plus les protections mensuelles de femme, l’étendage était toujours plein ! Et il fallait frotter à la main ! et cela depuis des siècles !

Pour moi ça explique que les mamans aient été pressées que leurs petits soient continents ! Comme on les comprend !

Elles essayaient donc de conditionner les bébés. Pour ceux qui avaient un transit regulier comme une horloge, elles pouvaient anticiper et les mettre sur le pot à l’heure prévue, souvent même on leur conseillait de tenir leur bébé au-dessus du pot dès 3 mois !


Quand les bébés sentent-ils qu’ils sont en train de faire pipi ou des selles ?

On sait que les bébés ont en fait une forme de continence dès le début, Dès la naissance, ils ne font pas pipi ou des selles en continu !

Aux USA où beaucoup de mamans ne travaillent pas à l’extérieur ( il n’y a pas de crèches, ou seulement des crèches privées très chères), certains courants d’idées prônent le fait qu’avec une observation permanente du bébé, la maman est capable de sentir et d’anticiper l’émission d’urines ou de selles.

Je crois que c’est exact, car je me suis toujours demandé comment faisaient les mamans africaines ou indiennes dont les bébés n’ont pas de couches, mais sont juste enveloppés de linges. Elles les portent au dos ou sur la hanche, mais jamais ou presque elles ne sont souillées ; elles sentent la façon dont leur bébé s’agite et elles anticipent l’émission d’urines ou de selles.

J’ai souvent remarqué aussi que des nouveaux-nés savent « dire » le moment où ils font pipi ; le mouillé et le chaud les fait réagir, ils se tortillent, ou se concentrent, ou font des petits bruits.


Le problème principal est :

-on ne peut pas savoir à quel moment les petits commencent à faire le lien entre les sensations avant et pendant l’émission d’urines.

-quand font-ils le lien entre leurs sensations « d’avant pipi-selles », et ce qu’on leur propose, ce qu’on leur dit, ce qui se passe réellement dans leur couche, et qui reste « invisible ».

On sait tous que parfois ils deviennent rouges et s’arrêtent dans leurs jeux quand ils « poussent », mais c’est plus difficile pour le pipi tant qu’ils ne mettent pas la main sur leur couche, vers 18mois-2 ans.


Comment savoir quand ils sont prêts ?

Sachez que tous les enfants, à part porteurs de lourds handicaps, deviennent continents, même s’il y a de grosses différences dans l’âge d’acquisition.

On dit souvent que sur le plan moteur, la possibilité de contrôle des sphincters arrive à la même période que la marche fluide et la possibilité de monter un escalier sans se tenir . C’est une indication du stade de développement moteur, mais pas sensoriel.

Hors pour contrôler ses sphincters, l’enfant a besoin de reconnaitre consciemment « l’envie avant », tout l’ensemble de sensations qui précèdent l’emission elle-même.


Quel rôle pouvez-vous avoir en tant que parents ?

Ce ne sont pas les parents, même les plus attentionnés et patients, qui vont « le rendre propre ». C’est comme pour la marche : personne ne peut obliger un enfant à marcher seul, ni à être continent !

Vous pouvez seulement avoir un rôle d’accompagnement bienveillant.

Depuis qu’on ne met plus la pression aux petits pour être continents très tôt, (cf +haut partie histoire) , qu’on ne les force plus par la peur de reprėsailles (et oui, ça a longtemps été le cas, sans compter les humiliations), on a constaté que spontanément, la plupart des enfants deviennent continents entre 2 ans1/2 et 3 ans, en tout cas après 2 ans, à de rares exceptions près. Certes certains le sont beaucoup plus tôt. C’est comme pour la marche, dont l’acquisition peut se faire entre 9 mois et 24 mois….soit plus d’1 an de différence.

Il n’est pas impossible que la trop bonne qualité des couches actuelles ait une certaine influence négative sur l’âge d’acquisition de la continence. En effet, comme disait la publicité d’une célèbre marque de couches, « même mouillé, bébé est sec »…il fallait oser dire ce paradoxe ! Vous-mêmes, avez-vous déjà dû toucher la couche pour savoir s’il y avait du pipi ? Surtout l’été, avez-vous déjà hésité entre sueur et urine quand elle est à peine humide ? C’est fréquent !

De fait, avec les couches actuelles, les bébés ne ressentent pas le désagrement d’être mouillés, ce qui leur enlève un signal efficace pour avoir envie que ça change !

C’est d’ailleurs pourquoi ça se fait souvent plus facilement en été, quand ils sont laissés nus ou en maillot de bain ! Tous les enfants détestent sentir l’urine leur couler sur les jambes ! C’est peut-être une raison qui faisait qu’autrefois les enfants étaient continents plus tôt !


Et l’école ! Comment être sûr(e) que mon enfant soit prêt a temps ?

L’école, parlons-en ! Pour certains, ces apprentissages basiques pour une vie en collectivité ne sont pas acquis à 3 ans, et l’organisation de la vie sociale, des crèches et du travail des parents n’en tient pas compte.

Il est évident qu’il est plus facile de rentrer à l’ecole pour un enfant né en janvier -fevrier, que pour ceux qui auront 3 ans en décembre, seulement 2 ou 3 mois après la rentrée scolaire ! Ça fait une énorme différence à cet âge !

Pas de panique ! Dans ma pratique, la plupart des enfants deviennent continent pendant l’été si ce n’était fait avant, et certains dans la semaine d’avant ! Ouf !

Mais quelle société que celle qui impose ce genre de compétence à des si petits qui déjà vont avoir à affronter des adultes inconnus, de nombreux autres enfants, de longues journées trop organisées, plus des apprentissages obligatoires type discipline, calme etc… Imaginez si on vous demandais pour un nouveau boulot de savoir plonger de 10 m , ou de marcher sur un fil en hauteur..

Sachez que les écoles maternelles ne refusent pas les enfants pour ça, au moins au début… Si la situation n’évolue pas au bout du 1er mois environ, vous serez peut-être convoqué(e) pour discuter des possibilités, mais c’est si rare, vraiment ! Ne vous tracassez pas d’avance !

Mettre trop de pression à votre enfant est contre-productif !

Le fait même d’aller à l’école est ressenti comme une promotion par l’enfant, et ça le fait « grandir », ça l’encourage !

Alors comment faire ?

•En tous cas, si vous êtes en vacances, et particulièrement si vous êtes dans une maison avec jardin ou au sol carrelé, vous pouvez demander à votre enfant s’il est d’accord pour essayer d’enlever les couches.

En général, s’ils sont prêts, ils sont d’accord, ou les redemandent vite après un essai raté.

Si votre enfant refuse, expliquez-lui que c’est plus agréable, on a moins chaud sans couches, mais que d’accord, c’est lui qui sait. Dites-lui qu’il vous previenne quand il sera d’accord pour essayer, s’il sent que vous lui faites confiance, c’est toujours mieux ! Et demandez-lui à chaque fois avant de lui mettre une couche.

•Achetez comme un cadeau de jolis slips ou culottes qu’il-elle pourra mettre à la place des couches quand il-elle fera dans le pot seulement, et montrez-les-lui régulièrement.

•Rassurez votre enfant sur le fait que vous savez qu’il-elle va y arriver bientôt, que vous lui faites confiance, que tout le monde y arrive.

•Faites-lui ressentir que c’est normal, que tout le monde fait du pipi ou des selles ; pensez à lui dire que vous aussi, avant, vous mettiez des couches, mais que maintenant non !

•Comme souvent, les livres peuvent vous aider aussi à trouver les mots qui lui conviennent.

Pensez aussi à rassurer votre enfant sur ce qui se passe dans son corps !

Il peut être inquiet les premières fois qu’il verra ce qu’il y a dans le pot ou les toilettes. Quand il va comprendre que les selles sont sorties de son corps, il peut avoir l’impression qu’il a perdu une partie de son corps, et parfois c’est une vraie panique, s’il n’a pas encore acquis une image unifiée de lui-même, s’il n’a pas encore compris qu’il est « un » et que son corps ne peut pas partir en morceaux !

Expliquez-lui que c’est seulement les restes de ce qu’il a mangé et bu, et dont son corps n’a paseu besoin, ce qui reste quand son corps a pris tout le nécessaire pour être en forme et pour grandir.

Mais surtout, faites attention aux mots employès, si souvent encore humiliants ! « T’es vraiment un bébé, pas comme ton cousin »… »on ne voudra pas de toi à l’école » etc..


Soyez à la fois patient(e) et impliquée. Essayez de ne pas réagir négativement quand il fait dans la couche ou ailleurs que dans le pot ou les toilettes. Ce n’est pas « moral », ce n’est ni bien ni mal ! c’est seulement qu’il n’a pas encore vraiment repéré ses sensations, ….et ça c’est vraiment personnel !


Comment gérer les « accidents » de parcours quand il n’a plus de couches ?

Pour ce qui est des « accidents » ensuite, quoi de plus normal, comme tomber quand on apprend à marcher ou faire du velo !

Le plus souvent, c’est aussi dans des moments où l’enfant est très pris par un jeu, ou s’il a l’impression qu’il va rater quelquechose en allant aux wc (dessin animé en cours par ex., qu’on peut mettre en pause pour l’aider).

Certains « incidents » sont aussi dû, pendant quelques semaines en général, à la découverte de la sensation nouvelle de contrôle, voire à un certain plaisir de se retenir…un peu trop !

Equipez-vous, pour ne pas trop vous enerver ! Pendant quelques semaines ou mois, ayez toujours avec vous un slip ou culotte propre, 3 feuilles de sopalin ou des mouchoirs, un mini flacon d’eau, un petit sac plastique pour mettre le linge sali. Moins vous en ferez un problème, plus vous serez sereine, comme toujours, votre enfant le sentira.

Laissez votre enfant experimenter les situations, les sensations et leurs conséquences, sans le gronder et en l’encourageant !


Voila, j’espère que cet article vous aura aidée à être plus confiante, plus sereine, en comprenant mieux ce qui se joue pour votre enfant.

Si vous rencontrez un problème autour de cette question, ou si vous ne supportez pas une situation avec votre enfant, ou pour être la maman que vous souhaitez être, contactez-moi à l’adresse « contact@lanaissancedesmamans.fr » je vous proposerai differents types d’accompagnement pour vous aider

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